Koubilaï, le souverain des Tartares, a de gros ennuis : les fonctionnaires de la cour intriguent, son propre fils est si stupide que la princesse du pays voisin ne veut pas l'épouser et, pour couronner le tout, un couple d'aventuriers italiens bouleverse les traditions de son pays. L'opéra-comique Cublai, gran kan de' Tartari de Giambattista Casti, avec une musique d'Antonio Salieri, se déroule certes apparemment à Catai, mais il met en fait en scène les conditions des cours princières européennes, en particulier celles de la cour du tsar de Russie. Comment les puissants gèrent-ils la responsabilité de leur pays, telle est la question centrale que les auteurs soulèvent dans l'esprit des Lumières européennes. Mais comme la Russie était un allié de l'empereur Joseph II, celui-ci annula sans hésiter la première représentation après le début de la guerre contre les Turcs en 1787. C'est ainsi que l'un des opéras les plus insolites du XVIIIe siècle, qui puise dans le comique de la commedia dell'arte et dont la virulence satirique n'a rien à envier aux œuvres de Jacques Offenbach, est tombé dans l'oubli pendant plus de 200 ans. Le chef d'orchestre Christophe Rousset, qui s'engage depuis de nombreuses années en faveur de la musique d'Antonio Salieri, va maintenant travailler sur la création tardive de la version originale italienne de Cublai, gran kan de' Tartari.
Du 5 au 15 avril 2024, MuseumsQuartier, Hall E
www.theater-wien.at

Carlo Lepore (Kublai) © Carlo Lepore

Carlo Lepore (Kublai) © Carlo Lepore